Social, santé, emploi

Les bénéficiaires du R.M.I et de l’A.S.S :Mathilde Clément et Bérengère Junod,
Premières synthèses 2006-26.3, 26 juin 2006,
Dares www.travail.gouv.fr

Les bénéficiaires de minima sociaux qui reprennent un emploi peuvent cumuler temporairement leur allocation et leur revenu d'activité. Cette mesure dite « d'intéressement » est destinée à favoriser le retour à l'emploi en rendant le revenu associé plus attractif que le revenu issu de minima sociaux. Au 31 décembre 2003, 13 % des allocataires du revenu minimum d'insertion et de l'allocation de solidarité spécifique en bénéficiaient.

Les bénéficiaires de l'intéressement sont plus jeunes que l'ensemble des bénéficiaires de ces minima sociaux. Parmi les bénéficiaires du RMI ou de l'ASS en décembre 2001, ceux qui cumulent emploi et allocation début 2003 ont eu le plus souvent une carrière professionnelle alternant emploi et chômage. Ils occupent en majorité des emplois précaires : près d'un sur deux est en contrat aidé et seul un sur cinq est en CDI. Au bout d'un an, un bénéficiaire de l'intéressement sur deux ne perçoit plus de minimum social. Pour la moitié d'entre eux, cette sortie est durable et n'est pas suivie d'un retour au chômage dans les deux ans qui suivent. Les emplois repris dans le cadre de l'intéressement semblent faciliter significativement l'insertion dans l'emploi à moyen terme.

Ne pas faire l’impasse sur les inégalités sociales,
Comprendre, entretien avec Gwenaële Calvès,
le 14 juin 2006, l'Observatoire des inégalités

Pour Gwenaële Calvès, professeur de droit à l’université de Cergy-Pontoise, la polarisation actuelle sur les discriminations conduit à faire l’impasse sur la question des inégalités socio-économiques ou territoriales. Extrait du magazine Alternatives Economiques.

Comment expliquer la montée en puissance de la thématique des discriminations ?

Les associations de lutte contre le racisme, le sexisme ou l’homophobie ont investi le terrain du droit, d’où est issue la notion de discrimination. Ce terrain leur est apparu plus directement opératoire qu’une approche militante centrée sur des valeurs de fraternité, de respect mutuel, etc. En luttant contre les discriminations, on ne cherche plus à changer les mentalités, mais à rendre impossibles certains comportements.

Dans le même temps, le durcissement de l’appareil législatif, sous l’influence du droit communautaire au début des années 2000, a favorisé cette évolution : la loi Génisson du 3 mai 2001 et la grande loi " relative à la lutte contre les discriminations " du 16 novembre 2001, suivies par une kyrielle d’autres textes, ont contribué à rendre crédible un dispositif qui restait jusqu’alors mal connu et largement incantatoire.

Changements dans le monde du travail,
Bureau International du Travail, Genève, Conférence internationale du travail, 95e session, 2006
.
Le travail occupe une place primordiale dans la vie de chacun – source d’identité mais aussi de revenus, il nous permet de satisfaire nos besoins matériels. Le travail est l’un des principaux moyens par lesquels nous entrons en relation avec les autres. C’est à la fois une responsabilité individuelle et une activité sociale, reposant souvent sur la collaboration au sein d’une équipe. Il peut être synonyme de dignité et d’épanouissement, mais aussi d’exploitation et de frustration. Pour les familles et les collectivités, le travail décent est le fondement de la stabilité et de la promotion sociale.

Le monde du travail est d’une extrême diversité. Mais la simple réalité de devoir travailler pour gagner sa vie est une dimension de l’expérience humaine commune aux femmes et aux hommes du monde entier. «Quel travail faites-vous?» est l’une des premières questions qui vient à l’esprit quand on noue contact avec quelqu’un que l’on ne connaît pas. Le travail est un point de référence pour apprendre à se connaître.

Le présent rapport vise à nous aider à placer notre expérience et nos connaissances sur le travail dans la perspective mondiale qui est celle d’aujourd’hui. Il décrit une époque faite d’opportunités mais aussi d’incertitudes, à l’heure où tombent certains des obstacles qui ont longtemps empêché les femmes et les hommes d’exploiter pleinement leurs capacités mais où, dans le même temps, les bons emplois sur lesquels repose la sécurité d’une vie meilleure sont de plus en plus difficiles à trouver.

Comment se répartit le temps des Européennes et des Européens?,
Statistique en bref N°4/2006, Eurostat

Les indépendants,
Franck Evain et Michel Amar,

Insee Première N° 1084 - juin 2006, Insee

Situation sur le marché du travail et pauvreté monétaire,
Nadine LAÏB,

É tudes et Résultats n° 499, juin 2006,

La situation des personnes vis-à-vis de l’emploi est un élément déterminant de leur niveau de vie, mais, en raison de la diversité des configurations familiales et du jeu des transferts sociaux, les liens entre positions sur le marché du travail et situation économique des ménages sont complexes. La correspondance entre chômage ou faibles rémunérations et pauvreté n’est en effet pas automatique : si les premiers se réfèrent à l’activité individuelle, la pauvreté renvoie à l’insuffisance des ressources du ménage, qui peut comprendre d’autres apporteurs de ressources, des enfants et bénéficier de prestations sociales.
Ainsi, si 19 % des actifs perçoivent un revenu d’activité ou de remplacement inférieur à 75 % du Smic, environ un quart d’entre eux sont en situation de pauvreté monétaire, soit 4 % des actifs. La configuration familiale semble à cet égard particulièrement importante, puisque 59 % des détenteurs de faibles revenus individuels évitent la pauvreté grâce aux ressources complémentaires du ménage dans lequel ils vivent, apportées principalement par leur conjoint, ou, pour les jeunes actifs, par leurs parents.
Cette proportion varie cependant de 36% pour les chômeurs non indemnisés à 73% pour les salariés ayant choisi de travailler à temps partiel, les premiers ayant moins souvent des conjoints actifs que les seconds. Quant aux prestations familiales et sociales, elles permettent à 18% des personnes percevant un faible revenu individuel de bénéficier in fine d’un niveau de vie supérieur au seuil de pauvreté.

On compte en France environ 2,3 millions de travailleurs indépendants, professions libérales, exploitants agricoles, patrons de l’industrie, du commerce et des services ou dirigeants de société. Cette population est très hétérogène, en termes de niveau de qualification, de taille d’entreprise ou encore de revenus. Ils ont gagné en moyenne 30 400 € en 2002 ; ce revenu annuel, qui peut également être composé de salaires, va de 14 000 € dans l’agriculture à 54 000 € dans les professions libérales et assimilées. C’est plus que ce que gagnent en moyenne les salariés ; cela s'explique notamment par leur âge et un temps de travail beaucoup plus important.

La situation des personnes vis-à-vis de l’emploi est un élément déterminant de leur niveau de vie, mais, en raison de la diversité des configurations familiales et du jeu des transferts sociaux, les liens entre positions sur le marché du travail et situation économique des ménages sont complexes.

La correspondance entre chômage ou faibles rémunérations et pauvreté n’est en effet pas automatique : si les premiers se réfèrent à l’activité individuelle, la pauvreté renvoie à l’insuffisance des ressources du ménage, qui peut comprendre d’autres apporteurs de ressources, des enfants et bénéficier de prestations sociales.


Ainsi, si 19 % des actifs perçoivent un revenu d’activité ou de remplacement inférieur à 75 % du Smic, environ un quart d’entre eux sont en situation de pauvreté monétaire, soit 4 % des actifs. La configuration familiale semble à cet égard particulièrement importante, puisque 59 % des détenteurs de faibles revenus individuels évitent la pauvreté grâce aux ressources complémentaires du ménage dans lequel ils vivent, apportées principalement par leur conjoint, ou, pour les jeunes actifs, par leurs parents.


Cette proportion varie cependant de 36% pour les chômeurs non indemnisés à 73% pour les salariés ayant choisi de travailler à temps partiel, les premiers ayant moins souvent des conjoints actifs que les seconds. Quant aux prestations familiales et sociales, elles permettent à 18% des personnes percevant un faible revenu individuel de bénéficier in fine d’un niveau de vie supérieur au seuil de pauvreté.

Conseil Economique et Social

Une partie de notre jeunesse est confrontée à un cumul de difficultés d'ordre scolaire et social. Le plan " Défense 2ème chance " leur offre la possibilité d'acquérir une formation afin de réussir leur insertion par l'accès à un emploi.Saisi par le gouvernement de ce thème qui répond à un enjeu majeur de cohésion sociale, le Conseil économique et social, tout en adhérant au principe, considère qu'il convient de donner à ce plan les moyens nécessaires à sa réalisation en cultivant une approche réaliste qui n'autorise pas la désillusion.
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