
Les bénéficiaires
du R.M.I et de l’A.S.S :Mathilde
Clément et Bérengère Junod,
Premières synthèses 2006-26.3, 26 juin 2006,
Dares www.travail.gouv.fr
Les bénéficiaires de l'intéressement sont plus jeunes
que l'ensemble des bénéficiaires de ces minima sociaux. Parmi
les bénéficiaires du RMI ou de l'ASS en décembre 2001,
ceux qui cumulent emploi et allocation début 2003 ont eu le plus souvent
une carrière professionnelle alternant emploi et chômage. Ils
occupent en majorité des emplois précaires : près d'un
sur deux est en contrat aidé et seul un sur cinq est en CDI. Au bout
d'un an, un bénéficiaire de l'intéressement sur deux
ne perçoit plus de minimum social. Pour la moitié d'entre eux,
cette sortie est durable et n'est pas suivie d'un retour au chômage
dans les deux ans qui suivent. Les emplois repris dans le cadre de l'intéressement
semblent faciliter significativement l'insertion dans l'emploi à moyen
terme.
Comment expliquer la montée en puissance de la thématique des discriminations ?
Les associations de lutte contre le racisme, le sexisme ou l’homophobie ont investi le terrain du droit, d’où est issue la notion de discrimination. Ce terrain leur est apparu plus directement opératoire qu’une approche militante centrée sur des valeurs de fraternité, de respect mutuel, etc. En luttant contre les discriminations, on ne cherche plus à changer les mentalités, mais à rendre impossibles certains comportements.
Dans le même temps, le durcissement de l’appareil législatif, sous l’influence du droit communautaire au début des années 2000, a favorisé cette évolution : la loi Génisson du 3 mai 2001 et la grande loi " relative à la lutte contre les discriminations " du 16 novembre 2001, suivies par une kyrielle d’autres textes, ont contribué à rendre crédible un dispositif qui restait jusqu’alors mal connu et largement incantatoire.
Le monde du travail est d’une extrême diversité. Mais la simple réalité de devoir travailler pour gagner sa vie est une dimension de l’expérience humaine commune aux femmes et aux hommes du monde entier. «Quel travail faites-vous?» est l’une des premières questions qui vient à l’esprit quand on noue contact avec quelqu’un que l’on ne connaît pas. Le travail est un point de référence pour apprendre à se connaître.
Le présent rapport vise à nous aider à placer notre expérience et nos connaissances sur le travail dans la perspective mondiale qui est celle d’aujourd’hui. Il décrit une époque faite d’opportunités mais aussi d’incertitudes, à l’heure où tombent certains des obstacles qui ont longtemps empêché les femmes et les hommes d’exploiter pleinement leurs capacités mais où, dans le même temps, les bons emplois sur lesquels repose la sécurité d’une vie meilleure sont de plus en plus difficiles à trouver.
La situation des personnes vis-à-vis de l’emploi est un élément déterminant de leur niveau de vie, mais, en raison de la diversité des configurations familiales et du jeu des transferts sociaux, les liens entre positions sur le marché du travail et situation économique des ménages sont complexes.
La correspondance entre chômage ou faibles rémunérations et pauvreté n’est en effet pas automatique : si les premiers se réfèrent à l’activité individuelle, la pauvreté renvoie à l’insuffisance des ressources du ménage, qui peut comprendre d’autres apporteurs de ressources, des enfants et bénéficier de prestations sociales.
Ainsi, si 19 % des actifs perçoivent un revenu d’activité ou
de remplacement inférieur à 75 % du Smic, environ un quart d’entre
eux sont en situation de pauvreté monétaire, soit 4 % des actifs.
La configuration familiale semble à cet égard particulièrement
importante, puisque 59 % des détenteurs de faibles revenus individuels évitent
la pauvreté grâce aux ressources complémentaires du ménage
dans lequel ils vivent, apportées principalement par leur conjoint,
ou, pour les jeunes actifs, par leurs parents.
Cette proportion varie cependant de 36% pour les chômeurs non indemnisés à 73%
pour les salariés ayant choisi de travailler à temps partiel,
les premiers ayant moins souvent des conjoints actifs que les seconds. Quant
aux prestations familiales et sociales, elles permettent à 18% des personnes
percevant un faible revenu individuel de bénéficier in fine d’un
niveau de vie supérieur au seuil de pauvreté.
Conseil Economique et Social